L'équipement

Avant de partir sur l'eau, l'une des premières choses que l'on fait, c'est s'habiller. Il s'agit d'un moment primordial de la préparation de la navigation du jour, car cela peut conditionner toute la sortie. Il faut particulièrement faire attention au froid : il pompe toutes vos forces, et cela devient vite une véritable séance de torture de rester sur l'eau.

Il faut aussi faire très attention à sa forme physique : si vous sentez que vous commencez à fatiguer et que vous ne contrôlez plus tout à fait le bateau, rentrez. Un dessalage, ou un autre imprévu, pourrait vous mettre dans une situation délicate, car vous découvririez alors que vous n'avez plus assez de force (pour redresser le bateau par exemple).

Vous pouvez vous habiller avant de gréer, ou après : c'est à vous de choisir. Cependant, s'il fait froid ou s'il y a beaucoup de vent, je vous conseille de vous habiller avant, pour ne pas attraper froid avant le début de la sortie (comme ça, vous pourrez aussi tester l'efficacité de votre tenue face aux conditions du jour pendant que vous gréerez) ou pour ne pas abîmer inutilement le bateau dans le vent pendant que vous vous préparez. Rappelez-vous que les voiles n'aiment pas faseyer, car cela réduit leur rigidité. De plus, laisser un bateau dans le vent sans surveillance est toujours dangereux : une rafale plus forte que les autres, ou un changement de direction du vent, pourrait renverser votre bateau sur la plage pendant que vous vous habillez.

Vous aurez donc compris à travers cette petite introduction qu'il faut toujours adapter votre tenue aux conditions météorologiques. C'est aussi pour cela qu'il est nécessaire de connaître les prévisions : en cas de pluie, par exemple, vous serez content d'avoir pensé à apporter votre top sur l'eau.

Je vous propose donc un petit tour d'horizon des différents éléments qui composent la tenue d'un véritable marin !

Les différents vêtements

Je vais essayer ici de lister tous les habits, faits ou non pour la voile, que vous pouvez porter sur l'eau. Je me contenterais de décrire la fonction de chaque vêtement, pour que vous puissiez savoir à quoi ils correspondent si j'en parle plus loin.

La combinaison néoprène

Bien qu'on puisse s'en passer, c'est sans aucun doute l'élément le plus connu et le plus utilisé en voile légère.

Le néoprène a pour propriété d'être élastique (et donc de permettre d'amples mouvements), mais surtout de garder l'eau et de l'amener très rapidement à la température de corps. Ainsi, si vous tombez dans l'eau froide, l'épaisseur de la combinaison ralentira la progression de l'eau jusqu'au corps (diminuant ainsi les risques d'hydrocution — tout de même très faibles, il ne faut pas vous inquiéter — c'est-à-dire d'arrêt cardiaque suite à une très grande différence de température entre deux milieux), mais elle se remplira aussi d'eau qui va chauffer, vous permettant ainsi de ne pas avoir froid.

Pour que les propriétés du néoprène fonctionnent correctement, il faut une combinaison qui tienne bien au corps. Au début, on a tendance à choisir une combinaison dans laquelle on se sent bien dedans, ample. Mais il faut à tout prix se diriger vers une combinaison qui colle bien à la peau de partout. On aura donc tendance à choisir une taille en dessous de la taille habituelle (attention à pouvoir bouger tout de même !).

Il existe plusieurs types de combinaisons néoprènes :

  • le shorty : c'est une combinaison avec des manches courtes, et des jambes qui s'arrêtent au dessus des genoux. Elle est particulièrement bien adaptée lorsqu'il fait chaud, car sa faible épaisseur et ses manches courtes empêchent d'avoir trop chaud, tout en protégeant quand même de la température de l'eau. Cependant, elle n'est pas adaptée lorsqu'il fait plus froid.
  • la combinaison intégrale : c'est le contraire du shorty. Les manches et les jambes sont longues, et elle est généralement plus épaisse. Elle protège donc beaucoup mieux lorsqu'il froid, et est indispensable pour la pratique du dériveur en dehors de l'été (et particulièrement en hivers).
  • la combinaison manches courtes : comme son nom l'indique, elle possède des manches courtes contrairement à une combinaison intégrale. Elle est donc à mi-chemin entre le shorty et la combinaison intégrale. Elle permet d'avoir chaud même lorsqu'il fait relativement froid.
  • vous retrouverez aussi d'autres produits à base de néoprène, comme des shorts ou des hauts, qui peuvent être portés seuls, ou en dessous ou en dessus d'une combinaison, protégeant mieux du froid.

 

C'est donc à vous de vous faire une idée sur laquelle est la mieux adaptée à vos activités.

Sachez que vous pouvez aussi choisir l'épaisseur de la combinaison, qui varie généralement de 2 à 5 millimètres. Cependant, évitez d'acheter des combinaisons faîtes pour un autre sport (les combinaisons de plongée sont plus épaisses, par exemple), car elles ne sont souvent pas adaptées à la pratique courante du dériveur. Les renforts ne seront pas au même endroit, provoquant à termes des déchirures. De plus, une combinaison trop épaisse vous gênerait dans vos mouvements.

Une petite astuce pour terminer : vous pouvez mettre un short de bain par-dessus la combinaison pour la protéger. En effet, on est très souvent assis en dériveur, et les frottements peuvent l'abîmer.

Le lycra

Moins connu du grand public, mais pourtant très utilisé en dériveur, le lycra permet de fabriquer des hauts ou des bas (comme un collant) très pratiques.

La matière permet une très grande élasticité. C'est donc comme la combinaison : le lycra est un vêtement qui doit se porter "moulant". D'ailleurs, ne vous inquiétez pas si vous n'arrivez pas à passer la tête ou à l'enlever la première fois ! C'est normal : mais vous vous habituerez au bout d'un moment à l'élasticité du tissu...

Le plus souvent, on le retrouve en tant que haut. Il en existe de plusieurs types : manches longues ou manches courtes, polaire à l'intérieur... C'est à vous de faire votre choix suivant vos besoins ! Regardez cependant avant d'en acheter un s'il protège des UV. On peut être tenté de ne mettre qu'un lycra lorsqu'il fait vraiment chaud (et pas de combinaison mais un short de bain), mais ils ne protègent pas tous du soleil et vous pourriez avoir de mauvaises surprises...

Si vous ne trouvez pas de bas en magasin, qui sont généralement plus difficile à trouver, vous pouvez aussi mettre de simples collants de danse, qui sont souvent taillés dans une matière semblable.

On le porte généralement en dessous de la combinaison. C'est pour cela qu'en cas d'allergie au néoprène, on peut mettre un lycra, qui protégera la peau du contact direct avec la combinaison. Le lycra possède les mêmes caractéristiques que le néoprène, à savoir : il réchauffe rapidement l'eau absorbée grâce à la température du corps, ce qui permet de ne pas avoir froid, même lorsqu'on est trempé.

Vous pouvez bien entendu en mettre plusieurs, les uns sur les autres : faîtes juste attention à pouvoir encore bouger !

Le top

Sur un dériveur, vous êtes particulièrement exposé aux embruns et aux vagues. De plus, la combinaison néoprène ne protège pas de l'eau, puisqu'elle n'est pas étanche. Lorsqu'il y a du vent, ou lorsqu'il pleut, il est donc particulièrement intéressant d'avoir un top, qui vous protégera la partie haute du corps de l'eau.

Les extrémités du top se terminent généralement par un tissu élastique, et sont refermables par un scratch, permettant ainsi la quasi totale étanchéité du haut.

Vous pouvez porter le top en dessus ou en dessous du gilet de sauvetage. L'intérêt de le porter par-dessus le gilet est de pouvoir l'enlever et le mettre sur l'eau beaucoup plus facilement. Par exemple, si de la pluie est prévue, ou que vous avez peur d'avoir trop froid, vous pouvez l'emmener sur l'eau accroché à votre bateau, ou dans la sécu, pour pouvoir le mettre en cas de besoin. À l'achat, pensez donc à le prendre assez grand pour qu'il puisse passer par dessus la combinaison et les lycras, et pour que vous puissiez l'enfiler facilement.

À défaut d'avoir un top, vous pouvez aussi porter un simple k-way. Mais attention : il ne vous protégera pas complètement. Si vous tombez dans l'eau, il va se remplir (les poches par exemple), et lorsque vous essayerez de remonter dans le bateau, vous vous apercevrez que vous pesez dix kilos de plus !

Les botillons néoprène

Il est essentiel de porter quelque chose aux pieds quand on fait du dériveur, sous peine de se faire mal sur la plage en mettant son bateau à l'eau, ou sur le bateau en buttant sur les nombreuses choses qui dépassent de la coque (taquets, ...). Les botillons remplissent cette fonction, en plus de tenir chaud aux pieds.

Lorsque vous partez, vous mettez obligatoirement les pieds dans l'eau. De plus, dans le bateau, il y en a toujours un petit peu que l'on n'arrive pas à éliminer. Vous avez donc les pieds constamment mouillés. Heureusement, les botillons permettent de transformer cela en un avantage : tout comme les combinaisons en néoprène, ils gardent l'eau, qui est alors chauffée à la température du corps. Ainsi, vous n'avez pas froid aux pieds, et ils sont protégés contre les différentes aspérités de la coque.

Il existe deux types de botillons :

  • les botillons à proprement parler : ils montent au-dessus des chevilles, et ont des semelles épaisses. Il sont donc adaptés à tous types de conditions, et protègent particulièrement bien du froid.
  • les chaussons : ils s'arrêtent en dessous de la cheville, et sont généralement moins épais. Les semelles sont plus souples, et ils sont plus près de la peau. Ils sont donc adaptés à une utilisation estivale, car moins chauds que les botillons, mais protègent moins bien le pied.

Si vous avez encore froid aux pieds, même avec des botillons, vous pouvez rajouter des chaussettes néoprène (qui sont généralement d'une épaisseur de 2 à 3 millimètres).

Si vous n'avez pas de botillons, je vous conseil cependant de mettre de vieilles baskets plutôt que de partir pieds nus.

Les gants

Ce n'est pas un élément indispensable, mais si vous pratiquez régulièrement le dériveur dans le vent, ils peuvent vous être utiles.

Certains vous diront que les gants sont pour les mauviettes : ne les écoutez pas. Tout le monde n'a pas la même sensibilité au niveau des mains. Cependant, il est vrai qu'une pratique vraiment régulière peut renforcer la peau.

Dans tous les cas, si vous voyez que vos mains partent en lambeaux à cause des frottements sur les bouts (en particulier sur les écoutes), il est temps de mettre des gants. N'attendez pas trop, car si vous naviguez en mer, l'eau salée pourrait vous le faire regretter.

Tous les gants ne sont pas identiques :

  • les mitaines : ces gants s'arrêtent avant l'extrémité des doigts. C'est généralement ceux qu'on trouve le plus facilement en magasin, mais ils ne conviennent pas aux personnes dont ce sont les bouts des doigts qui sont touchés.
  • ceux qu'on pourrait qualifier de doigts longs : généralement, tous les doigts sont recouverts, sauf le pouce et l'index, pour pouvoir continuer à faire des nœuds par exemple. Ils sont plus rares à trouver. Il en existe aussi certains où tous les doigts sont protégés, mais il est alors plus difficile de faire des choses précises avec ses mains sans les retirer.

C'est donc à vous de choisir ce qui vous convient le mieux, par rapport à votre peau et à la régularité de la pratique. Pensez à vérifier que les gants sont bien renforcés aux endroits qui frottent le plus, car sinon ils ne feront pas long feu.

Si vous avez vraiment froid aux mains, vous pouvez aussi mettre des gants de plongée. Mais attention : ils ne sont pas renforcés, et vous ne pourrez pratiquement plus bouger les doigts. À réserver donc aux jours de grand froid. De plus, vous vous apercevrez qu'une fois sur l'eau, et après avoir un peu navigué et bougé vos mains, vous n'aurez plus froid, gants ou pas gants.

Le gilet de sauvetage

C'est sans aucun doute l'élément le plus important de la tenue. Il ne fait pas vraiment partie des vêtements, mais étant essentiel à la navigation, j'ai décidé de l'insérer ici tout de même.

Le gilet de sauvetage doit être porté tout au long de la séance, et ne doit être retiré sous aucun prétexte. Même si vous savez nager, et que la combinaison néoprène apporte un peu de flottabilité, vous DEVEZ absolument porter un gilet de sauvetage adapté et correctement attaché.

Il existe plusieurs types de gilets de sauvetage. Certains aident seulement à la flottabilité, tandis que d'autres permettent le retournement de la personne sur le dos, pour qu'elle puisse respirer si elle est inconsciente.

Les modes peuvent être différents, mais il faut absolument attacher correctement et complètement son gilet. Pour ceux qui se ferment avec une fermeture éclaire, pensez à bien serrer autour de la taille, pour que le gilet ne remonte pas lorsque vous flottez. Les autres se ferment généralement avec des clips : ils faut tous les attacher, en particulier celui qui est accroché à la sangle qui passe entre les jambes (appelée soucutale). En effet, cette sangle empêche le gilet de remonter : si vous ne l'attachez pas, vous risquez de perdre votre gilet en tombant dans l'eau.

Concernant le choix du gilet, vous devez en adopter un qui corresponde à votre poids. Il est plus important de suivre les indications de poids que les indications de taille ("S", "M", ...). Cependant, un gilet ne doit pas être trop grand.

Le gilet doit respecter les normes européennes. Il faut que vous l'essayiez dans l'eau pour voir s'il convient. Si vous avez votre gilet personnel, il faut le tester régulièrement pour voir s'il flotte encore suffisamment. Évitez de vous asseoir ou de marcher sur un gilet de sauvetage : les bulles d'air qui permettent sa flottabilité sont alors expulsées et il perd de son efficacité.

La combinaison sèche

J'ai volontairement mis à part ces combinaisons, puisqu'elles ne sont pas en néoprène, et qu'elles fonctionnent d'une toute autre manière.

De plus, je les ai mis en dernier, car elles sont beaucoup moins utilisées et plus chères.

Comme son nom l'indique, la combinaison sèche est faite pour être totalement imperméable à l'eau. Elle recouvre le corps entier, s'arrêtant généralement avant les mains par des manchons étanches (en néoprène ou en latex), et au niveau du coup. Les pieds sont protégés de l'eau par des chaussons : seules les mains et la tête peuvent être mouillées pendant la navigation.

Vous pouvez mettre n'importe quoi sous cette combinaison, pourvu qu'elle soit réellement étanche : polaires, lycras, ... C'est à vous de voir ce qui vous convient le mieux suivant les conditions.

Vous l'aurez compris, la combinaison sèche est parfaite lorsqu'il fait froid, car elle protège pratiquement tout le corps de l'eau et du vent, et vous permet de mettre en dessous les vêtements que vous souhaitez. Cependant, elle reste relativement peu abordable, et seuls ceux qui pratiquent régulièrement la voile dans des conditions extrêmes la possèdent : son prix peut varier de 300 à plus de 500 €...

À l'achat, pensez à vérifier que le tissu est respirant, sinon vous pourriez avoir trop chaud et transpirer dans votre combinaison. Regardez aussi si elle est assez grande, et vous permet de mettre en dessous tous les vêtements que vous souhaitez.

Divers...

Je pense avoir fait le tour des principaux vêtements, mais je voudrais encore parler de une ou deux choses.

Concernant la tête, vous pouvez porter un bonnet s'il fait froid (cela vous protégera de la pluie, en plus de protéger vos oreilles du froid !), ou bien un chapeau ou une casquette s'il y a du soleil. Pensez à bien les accrocher, car le vent pourrait les faire s'envoler. Pour les chapeaux, il en existe avec des cordons qui passent sous le coup qui sont très pratiques. Pour la casquette, vous pouvez rajouter un bout qui la rattache à votre gilet.

Pour les lunettes, vous pouvez mettre un cordon au bout des branches, qui les retiendra. Il existe aussi des cordons flottant : à tester ! Dans le même genre, vous trouverez aussi des lunettes de soleil flottantes.

Si vous avez froid au coup, vous pouvez mettre un cache-col. Attention cependant, il pourrait se gorger d'eau. L'eau salée pourrait aussi vous démanger au coup.

Globalement, vous pouvez mettre n'importe quel vêtement, fait ou non pour la voile, pourvu qu'il ne vous gêne pas dans vos mouvements. Faites cependant attention aux polaires, qui se gorgent d'eau : après être mouillé, vous pèserez beaucoup plus lourd...

Comment s'habiller ?

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Équipements particuliers

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